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Innovations dans le domaine du financement des petites entreprises

Ecrit par : Lori Karpman
2007-10-15

Un nouveau joueur dans la partie ?

En général, on entend par « petite entreprise » toute entreprise qui génère un chiffre d’affaires inférieur à trois millions de dollars par année. Ce qui n’est pas si petit que ça pour bien des gens. Et toute grande entreprise a été petite à ses débuts. Le défi est de trouver le moyen de grandir.

L’industrie du financement est sur le point de recevoir un vrai coup de main financier: affacturage. Habituellement, les entreprises émergentes demeure encore un choix idéal à faible risque. Cependant, une fois l’entreprise démarrée, la liquidité, la croissance du financement et les périodes de basses saisonnières, entre autres, deviennent les enjeux quotidiens qui déterminent la stabilité financière et le futur potentiel de la compagnie.

 Actuellement, les options financières pour couvrir ces besoins sont (1) le financement bancaire conventionnel et (2) un investissement privé additionnel. Ces deux options remplissent leur objectif de fournir des fonds à votre entreprise, mais il y a des coûts afférents. Le financement bancaire a le fâcheux effet d’accabler votre entreprise d’une dette additionnelle non seulement en raison du remboursement du capital, mais aussi des intérêts. Si le but est de financer la croissance de votre entreprise, une dette additionnelle gruge une part importante des disponibles pour financer cette croissance et affecte la position financière de la compagnie pendant des années à venir.

Le processus d’application est long et embêtant. Le délai entre la présentation d’une demande de prêt jusqu'à l’obtention des fonds est considérable, ce qui impose des contraintes additionnelles au moment de répondre à vos besoins financiers immédiats. Et … qu’arrive-t-il si le financement bancaire conventionnel n’est pas une option pour vous ? Dans certain cas, vos antécédents de crédit peuvent jouer contre vous : vous avez peut-être déjà atteint votre limite de crédit ou vous ne respecteriez pas votre ratio d’endettement.

Une autre voie possible est l’investissement privé. Dans ce cas, des fonds sont injectés en échange d’une participation dans l’entreprise. Ce genre d’investissement peut prendre plusieurs formes, et il va sans dire, que le résultat final est la dilution de l’avoir des actionnaires de la compagnie que vous avez bâtie. Malgré qu’il s’agisse très souvent d’un excellent choix pour les grandes entreprises, les effets sont plus durs pour les petites entreprises, particulièrement les entreprises familiales ou exploitées par le propriétaire.

La dilution de l’avoir des actionnaires ou la remise d’une participation à une partie externe diminue habituellement la valeur de toutes les actions et donne un statut privilégié à un seul actionnaire qui a alors priorité sur les investisseurs originaux. De même, il entraîne une perte de contrôle dans le processus décisionnel, selon le poids de l’investisseur privé et de la qualité d’argent investie. Il s’agit là de coûts cachés considérables.

Alors, que faire? Vous venez de décrocher un immense contrat de trois millions de dollars pour lequel vous devrez construire un entrepôt, mais vous ne pouvez vous adresser à votre banque puisque vous avez atteint votre limite de crédit et vous ne voulez pas non plus d’investisseur privé. Eh bien, un nouvel « héros » financier, nommé affacturage, peut vous sauver.

En fait, dire qu’il s’agit d’un nouveau concept n’est pas toute à fait exact puisqu’il existe depuis l’Empire romain. Les activités d’affacturage sont cinquante fois plus élevées aux États-unis qu’au Canada et, à l’échelle mondiale, elles dépassent le trillion de dollars  chaque année. Aux États-unis, plusieurs banques ont même une division d’affacturage. Il est vrai que certains scandales financiers aux États-unis ont terni la réputation de l’affacturage. Pourtant, il demeure un champion pour les petites entreprises et un outil essentiel dans l’arsenal d’options financières à leur portée.

L’affacturage consiste à vendre ses comptes recevables à un taux d’escompte. Essentiellement, vous vendez vos recevables en souffrances à un affactureur qui perçoit un escompte et vous avance les fonds. Le taux d’escompte dépend de plusieurs facteurs, mais se situe habituellement entre 3 et 6 pour cent pour une période de temps prédéterminée et une fraction de ce montant par après.

Essentiellement, vous amassez des fonds non pas en fonction de votre solvabilité, mais de celle de vos clients. Alors, vous ne pouvez peut-être pas obtenir de crédit, mais en autant que vos clients sont solvables, vous pouvez vous en servir comme levier pour amasser des fonds pour votre entreprise. Par exemple, votre entreprise consiste à installer des chaînes stéréophoniques à domiciles et vous travaillez à partir de votre camion, mais Future Shop est votre principal client!

Et la beauté de tout ça, c’est que vous n’êtes pas plus endetté et vous n’avez pas non plus dilué l’avoir des actionnaires. Oui, c’est un gros montant d’un seul coup, mais l’argent ne sort pas de vos poches et constitue un coût d’exploitation. L’important c’est que cet agent vous a permis d’obtenir du financement au moment voulu et vous pouvez profiter d’une opportunité de croissance qui autrement aurait filé entre vos doigts. Le même raisonnement s’applique aux entreprises saisonnières qui doivent maintenir la continuité de leur liquidité pour financer leurs opérations.

L’affacturage est un excellent outil pour elle! Maintenant, je dois avouer avoir fait cette découverte par l’entremise d’un client oeuvrant dans ce domaine, mais en toute sincérité, il ne s’agit pas de vous faire un pitch de vente, mais bien de vous donner une opinion très franche sur cette source de financement si peu connue qui était un secret que je me devais de dévoiler.

Les légalités rattachées à ce type de financement sont aussi très simples. Si un financement bancaire est en place, alors tout ce qu’il faut c’est que la banque renonce à son rang prioritaire sur les recevables affacturés en tant que garantie. Les banques sont généralement amenées puisqu’elle compte sur tout le reste des actifs comme garantie. L’affactureur prend donc la place de la banque en ce qui concerne ces recevables et les prend en garantie comme le ferait une banque.

Par ailleurs, puisqu’il n’y a pas d’intérêts d’imputés à votre argent, les lois bancaires ne s’appliquent pas, donc la transaction est de beaucoup simplifiée. Les frais que avez à payer sont le taux de réduction, soit le coût pour avoir accès aux fonds immédiatement et d’éviter le fardeau imposé par les autres méthodes de financement. Une deuxième hypothèque, ça vous tente encore?

Je crois que ce qui vous étonnera le plus est de savoir que l’affacturage est fortement appuyé par les professionnels financiers, y compris les banques. Ce qui est tout à fait naturel. Les clients commerciaux ont de nombreux besoin auxquels les professionnels, qu’ils soient avocats, comptables ou banquiers, doivent répondre. Les banques aiment que leurs clients se maintiennent à flot financièrement lorsqu’elles sont dans l’impossibilité de les aider. Les petites et moyennes entreprises échouent très souvent par la manque de liquidité à court terme, et non pas nécessairement parce que les affaires vont mal!

Le financement traditionnel, bancaire ou privé, ne sera jamais remplacé. Il est à la base du financement des entreprises. Le problème est d’arriver à vraiment tirer profit de sa valeur. Visant les petites et moyennes entreprises jusqu’aux grandes entreprises, l’affacturage couvre un créneau extrêmement sous exploité dans le service financiers. Même si l’affacturage nous enlève du travail (d’écritures) à nous, les avocats, j’y suis quand même très favorable. Voilà un secret qui ne l’est plus.

Lori Karpman

Présidente de Lori Karpman et associés Ltée est une firme de conseil en franchisage et en affaires juridiques, à service complet, offrant des mandats personnalisés aux franchiseurs.