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Franchiser au Québec

Ecrit par : Michel Gagnon
2008-02-15

Plusieurs franchiseurs Canadiens, Américains ou internationaux considèrent que le Québec est la dernière province à développer et vont naturellement développer l’Ontario en premier. D’ailleurs la majorité des franchises Canadiennes sont basées en Ontario ou bien débutent en Ontario, et par la suite continuent leur expansion vers les provinces de l’Ouest ou l’Est, en contournant le Québec. Il y a évidemment une logique d’affaires à débuter dans le plus grand marché au pays et retarder le développement de ce que vous considérez comme un marché plus complexe. Par contre, les problèmes anticipés sont souvent plus des perceptions que des réalités.

Comme la plupart des Canadiens le savent déjà, notre pays est formé de 4 régions soit l’Ontario, le Québec, les provinces de l’Ouest et les provinces de l’Atlantique, chacune avec ses particularités et ses perceptions. Au bout du compte, nous sommes tous Canadiens et les goûts et habitudes des consommateurs ne sont pas si différents. Les pratiques d’affaires et les lois sont semblables et si on y pense, avec un marché relativement petit, toute entreprise d’envergure doit couvrir tout le pays.

La province de Québec représente 24% de la population Canadienne avec plus de 7,4million de clients potentiels soit le deuxième marché en importance après l’Ontario. La région métropolitaine de Montréal regroupe environ 35% de la population de la province, soit autant que toutes les provinces Atlantiques combinées.

En général, les perceptions négatives des franchiseurs extérieurs envers le Québec sont la barrière linguistique, les goûts différents des consommateurs, des lois différentes, une économie faible et des franchisés difficiles. Nous allons discuter de ces perceptions.

En débutant avec la langue, il faut distinguer les lois des considérations démographiques. La province a passé une loi protégeant le français en 1997, la fameuse loi 101. Cette loi affecte l’identification extérieure, le nom de la marque, le matériel publicitaire et autres documents externes et internes et la langue d’usage. Les détails de cette loi sont disponibles à tout citoyen et tous les avocats peuvent éclairer leurs clients sur les points spécifiques, mais en général les objectifs sont simples à comprendre.

En autres, les compagnies qui ont déjà un nom ou marque de commerce distinctif, peuvent continuer d’utiliser leur nom sans modification. S’ils possèdent une marque de commerce française, ils doivent utiliser le nom français…Il existe plusieurs exemples de marques connues avec un nom anglais, opérant avec succès au Québec : McDonald’s, Tim Horton, Pizza Hut, Boston Pizza, Home Depot et plusieurs autres.

La loi 101n’élimine pas l’Anglais, mais plutôt priorise la langue maternelle de la majorité de la population. Il y a évidemment des règles à suivre et le franchiseur devrait consulter un expert avant de faire quoi que ce soit, mais à part des coûts de traduction, il n’y a aucun empêchement à opérer son entreprise de façon profitable.

Le second volet sur la langue est le bon sens. Généralement plus de 80% de la population parle le français comme langue principale, même si plus de 40% de la population est bilingue, ce qui est plus vrai dans la grande région de Montréal dont le bilinguisme est plus autour de 70%. D’autres régions telles Laval et Gatineau ont aussi un taux élevé de bilinguisme. Par contre, la majorité des consommateurs veulent se faire servir en français par le personnel, la publicité et la documentation en magasin ou visuelle. Cette réalité dépasse les limitations légales et ne fait que du sens, tout comme toute entreprise opérant à l’extérieur du pays, va s’adapter à sa clientèle locale.

En ce qui concerne le consommateur Québécois et en particulier les Canadiens français, il est vrai qu’il (elle) sera influencé (ée) par son héritage européen et latin, mais il (elle) demeure un Nord-Américain. Un franchiseur prudent va effectuer certaines recherches et analyses de marché préliminaires avant d’ouvrir un nouveau marché et il est possible que certains correctifs ou modifications devront être effectuées au produit ou emballage. Par contre, plusieurs franchiseurs attesteront à un succès plus élevé que prévu de leur produit au Québec lorsque le consommateur Québécois l’adopte.

Le Québec possède un système juridique similaire au reste du Canada et les différences sont reliées au Code Civil applicable dans certains cas, plutôt que le Common Law. Un conseiller juridique peut mieux expliquer les différences au franchiseur et leur impact sur les documents contractuels ou implications d’affaires. La province possède d’excellents avocats spécialisés en franchisage et les nouveaux franchiseurs auront besoin de les consulter pour modifier certaines clauses de leur convention de franchise, comme exemple. Mais encore, ces modifications ne sont pas énormes et n’affecteront pas la façon d’opérer du franchiseur.

Au niveau démographique, les données du Québec sont très semblables à celles des autres provinces. L’économie du Québec est très diversifiée et regroupe un très haut niveau d’entrepreneurs et propriétaires de petits commerces.

Les Systèmes de franchise du Québec réalisent le même succès et même plus, dans plusieurs cas que leurs collègues des autres régions canadiennes. Comme ailleurs, il y a eu de grands succès et de grandes faillites. Les raisons de faillite sont évidemment complexes mais sont rarement causées par le produit ou le Système comme tel ou une réaction négative du consommateur. Souvent les problèmes ont été causés par la mauvaise planification, des mauvaises décisions de sites, une méconnaissance du marché en général et des mauvaises relations avec les franchisés, souvent causées par un support inadéquat. Tout comme les autres régions du Canada, il faut exercer un discernement et s’adapter. En ce qui concerne les franchisés, par exemple, ils doivent sentir qu’ils ont le support du franchiseur et que certaines des décisions de publicité et marketing pour donner des exemples, ont été prises en considération des particularités de ce marché. Les franchisés Québécois préfèrent être en contact avec des gens d’ici, tout comme les autres régions du pays aussi le pensent.

Il y a différentes manières de développer le Système de franchise : ouvrir des unités corporatives, trouver un maître franchisé, trouver des franchisés régionaux ou qui vont opérer plusieurs unités ou octroyer des franchises individuelles. Ceux-ci sont les méthodes les plus courantes et il y en a d’autres. La clef est la ressource humaine. Il existe des professionnels pour vous guider et assister dans tous les domaines : légal, immobilier, marketing, recrutement et opérations. L’Association Canadienne de la Franchise peut vous guider dans ce domaine.

Ouvrir au Québec est comme ailleurs. Il faut planifier, il faut bien s’entourer, être prêt à modifier ses habitudes pour mieux réussir et s’assurer du succès de ses franchisés. On ne peut pas se priver de 24% du marché Canadien !

Michel Gagnon est un Expert en Franchisage Accrédité et président de Davier Consultants Inc, une firme de consultation en franchisage et management.